Dans l'temps 25 novembre 2020

La Buick Super Sedan 1947 - quand il a entendu le sifflement de la transmission

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C'est le « silement » de la transmission au démarrage qui a convaincu instantanément Bob Robitaille d'acheter sa Buick 1947, il y a une vingtaine d'années. Difficile de trouver mot plus juste répertorié par Louis-Alexandre Bélisle, comme le dynamique président du club Voitures anciennes de Granby s'est plu à nous le faire découvrir au cours d'une randonnée.

Avant de partir, laissons d'abord M. Robitaille raconter ce qui s'est passé il y a 20 ans : « Chaque semaine, le même jour, à la même heure, je me rendais chez M. Dion, le directeur des ventes chez Deluxe Automobiles, à Sherbrooke. J'achetais des autos usagées de lui et j'allais voir ce qu'il avait à offrir. Une semaine, il m'a dit qu'il n'avait rien d'intéressant pour moi.»

M. Dion a cependant piqué sa curiosité en disant: «J'en ai une, mais tu ne l'achèteras pas.» C'était sa propre Buick 1947, une Super Sedan, modèle 51. Il venait d'acheter une voiture neuve à sa femme et elle voulait la mettre dans le garage à la place de la Buick. M. Robitaille est allé la voir en pensant à sa première voiture, une Buick 1950 que lui avait donnée son père. «Je décide d'essayer la Buick 47. En partant, j'ai entendu le même "silement" de la transmission que dans ma Buick 50. Deux cents pieds plus loin, j'avais décidé d'acheter l'auto».

L'homme d'affaires, qui exploite un garage à Granby, est revenu avec sa voiture, le soir même. L'odomètre affichait alors 44 000 milles (70 400 km). Depuis, il a ajouté 5000 milles (8000 km). A part la peinture, refaite il y a 15 ans, tout le reste de la Buick est original.

Le moteur, un 8 cylindres en ligne de 248 po3 (4064 cc), produit 110 chevaux. Il part au quart de tour et ronronne en douceur. C'est cependant le fameux sifflement de la boîte manuelle à 3 rapports qui satisfait le plus l'heureux propriétaire. Pour lui, c'est encore plus agréable que le son de la radio originale.

Que ce soit à l'avant ou à l'arrière, le confort de cette Buick est étonnant. L'espace est plus que généreux et la banquette arrière, avec son appuie-bras escamotable, est aussi confortable qu'un fauteuil de salon. Ajoutons à cela le repose-pied. Le volant et les différents boutons et manettes sont en corne ivoire, un matériau utilisé fréquemment à l'époque dans les voitures de cette catégorie. Fait à remarquer, la manette des signaux de direction est à droite de la colonne de direction. Une horloge électrique de la même dimension que l'indicateur de vitesse décore la droite du tableau de bord. Du même côté, sous le tableau, on remarque une distributrice de mouchoirs de papier à l' effigie de Buick.

C'est le genre de voiture dans laquelle on doit se plaire à effectuer de longues randonnées. M. Robitaille confirme que c'est une bonne routière et que sur les autoroutes, il maintient une vitesse de 65 à 70 mi/h (ll0 km/h) sans difficulté. Il avoue d'ailleurs avoir fait grimper l'aiguille à 100 mi/h (160 km/h) plus d'une fois.
En 1947, Buick utilisait trois empattements: 121 po (307 cm) pour la Spécial, le modèle bas de gamme; 124 po (315 cm) pour la Super, le modèle intermédiaire, et 129 po (328 cm) pour la Roadmaster, au sommet de la gamme.

Les deux premières utilisaient le moteur décrit précédemment, tandis que la Roadmaster profitait d'un moteur plus puissant, un 8 cylindres en ligne de 320 po3 (5245 cc), d'une puissance de 144 chevaux. Mentionnons que le capot s'ouvre latéralement, d'un côté ou de l'autre, et deux personnes peuvent l'enlever en quelques secondes. Une seule boîte était offerte: manuelle à 3 rapports, avec levier au volant.

La Super était la plus populaire des trois et le modèle que possède M. Robitaille a été fabriqué à 76 866 exemplaires.

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